Attention au sexe !

 

Selon une étude britannique, chaque année 1 adulte sur 3 se blesse lors de relations sexuelles. Et il casse le mobilier.Le sexe? «Une activité risquée», a fait savoir vendredi la société britannique Phone Piggy Bank, spécialisée dans le recyclage de vieux téléphones portables. Cette firme a commandé à l’institut de sondage OnePoll une étude sur les dangers des galipettes. Et le résultat pousse à l’abstinence: les relations sexuelles engendrent des hordes de contusionnés, éclopés et autres blessés. C’est simple, en un an, 18 millions de Britanniques se seraient blessés durant des parties de jambes en l’air. Soit un tiers de la population adulte – ce qui ferait près de 2,5 millions en Suisse.

Dans les cas bénins, les relations sexuelles conduisent à des genoux tuméfiés, des doigts retournés, des torticolis, maux de dos ou muscles endoloris. Dans des cas plus graves, l’envol au septième ciel finit par un atterrissage à l’hôpital: 2% des sondés disent s’être fracturés un os. Au final, 50 des 1000 interrogés étaient si mal en point qu’ils disent n’avoir pas pu aller travailler…

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L’étude détaille aussi les endroits où il vaudrait mieux lire un bouquin que de batifoler. Le canapé du salon est à éviter: on finit par tomber sur une chope de bière et se faire très mal. A déconseiller aussi: les escaliers, la voiture, la douche. Puis la chambre à coucher (le danger est partout). Enfin, les relations sur la table à manger, sur une chaise ou une armoire ainsi que dans les toilettes ou dans le jardin ne sont pas sans risque. Un sondé sur 50 avoue même être tombé de la machine à laver pendant un rapport.

L’étude répertorie enfin des dommages collatéraux. Emporté par un élan trop fougueux ou une position mal maîtrisée, on ne se contente pas de se casser la figure. On casse aussi ce qu’il y a autour: un verre, une tasse, une chaise, un cadre de photo ou le cadre du lit. Parfois, des murs, fenêtres ou armoires font les frais de la passion. Des dégâts estimés à 154 livres par an, soit plus de 250 francs. Bref, le sexe, ce serait l’horreur: on finit tout endolori et tout ruiné.

Cette étude amuse beaucoup le médecin, psychiatre et sexologue Dominique Chatton, praticien à Genève. Les problèmes qu’il rencontre sont plus importants: irritations ou lésions vaginales, frein du pénis qui lâche, pour ne donner que deux exemples. «Les blessures que décrit cette étude sont assez anecdotiques, sourit-il. J’ai l’impression qu’elles résultent surtout de couples qui tentent de pimenter leur sexualité.»

En tout cas, en Suisse, nous indique le BPA (Bureau suisse de prévention des accidents), il n’existe manifestement pas d’études comparables. Au BPA, malgré l’«ampleur des dégâts», on ne compte d’ailleurs pas mener une vaste campagne de prévention sur le thème des accidents lors des relations sexuelles. Au CHUV, pas de chiffres non plus. «Ce type de blessures est vraisemblablement plus souvent décrit comme accident domestique que comme accident sexuel, remarque Darcy Christen, porte-parole du centre hospitalier vaudois. Et je ne suis pas certain que ceux qui finissent aux urgences racontent toujours l’origine de leur lésion…»

Alors que faire? «Enlever tous les objets dangereux avant de faire l’amour et faire attention durant l’acte», conseille l’étude. Bref, fini la passion, la fougue ou l’improvisation. Faut y aller mollo.

Source : le Matin

 

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